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Astuce agricole · zone guineenne · Togo, Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin

Les bio-intrants fabriqués à la ferme

Fabriquer sur place ce qu'on achetait importé : l'atelier de bio-intrants change moins la parcelle que la trésorerie de l'exploitation.

Publiée le 17 août 2026 · Sérilo LOOKY

Les bio-intrants fabriqués à la ferme
Nkpelawuni — CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · source

Le nom d'ici

Un bio-intrant est un produit de fertilisation ou de protection des cultures d'origine biologique — compost enrichi, extraits végétaux, préparations à base de micro-organismes — fabriqué à partir de ressources disponibles localement. L'intérêt n'est pas seulement agronomique : un intrant importé se paie en devises, arrive en retard et manque au moment où il servirait. Un intrant fabriqué à la ferme est disponible le jour où le ravageur apparaît.

La matière première est déjà là. Le neem, planté partout en zone soudano-sahélienne, fournit avec ses graines un extrait employé de longue date contre plusieurs ravageurs de cultures maraîchères. Les résidus de récolte, les déjections animales, les cendres et les résidus de transformation alimentent les fosses à compost. Aucun de ces produits ne relève du miracle : ils demandent une préparation régulière, et leur efficacité varie avec la matière et la saison.

Le modèle qui se diffuse est celui de la biofabrique : une petite unité collective, tenue par une coopérative, qui produit en série ce que chaque exploitation ne saurait faire seule — avec un protocole, des contenants propres, une date de fabrication. En Côte d'Ivoire, ces unités ont été montées pour remplacer une partie des intrants chimiques dans les vergers de cacao. Au Togo, un protocole de production de bio-intrants dirigé contre les mirides et la pourriture brune a été mis en œuvre avec l'institut national de recherche agronomique, assorti d'écoles pratiques d'agriculture où se transmettent les techniques de compostage.

Les deux conditions de réussite sont peu spectaculaires. La première est la régularité : un atelier qui produit par à-coups ne sert à rien, car le traitement doit tomber au bon stade du ravageur. La seconde est la mesure : sans un minimum de suivi de parcelle — ce qui a été appliqué, quand, et ce qu'on a observé ensuite — l'atelier fabrique de la conviction plutôt que du résultat.

Ce qui atteste cette fiche

  1. programme-equite.org https://programme-equite.org/projetssoutenus/production-de-bio-intrants-contre-les-mirides...
  2. www.avsf.org https://www.avsf.org/les-biofabriques-pour-remplacer-les-intrants-chimiques/

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Les usages rapportés ici relèvent du savoir traditionnel et du bien-être. Ils ne constituent ni un diagnostic, ni un traitement, ni un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant tout usage.